Marcher à Walden : penser avec Thoreau

Lundi 2 février de 12h00 à 14h00 sur inscription

Bonne résolution 2026 : Rejoignez une conférence itinérante autour de l’étang de Walden — non pour commémorer Thoreau, mais pour le pratiquer.

Le 4 juillet 1845, le jour-même où les États-Unis célébraient leur indépendance politique, Henry David Thoreau déclara silencieusement une autre forme d’indépendance : personnelle, éthique et philosophique. En s’installant à Walden, il mit à l’épreuve une idée radicale : qu’un individu seul peut refuser l’injustice, résister à la guerre et aux ravages de l’industrialisation sur la nature sauvage, non par la violence, mais par la désobéissance civile, le refus de servir, et une manière délibérée d’habiter sa vie.

En marchant autour de l’étang, nous tenterons de lire Thoreau autant avec nos pieds qu’avec nos esprits, guidés par Pierre-Laurent Boulanger, professeur de philosophie.

La fin janvier est aussi le temps des vœux et des bonnes résolutions — ce moment fragile où l’on s’autorise à changer les règles de sa propre vie. Le mot français résolution dit bien cette puissance : décider, mais aussi se tenir fermement. La Boétie l’exprimait avec une radicalité lumineuse :
« Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres. »
Walden nous invite à éprouver cette phrase non comme un mot d’ordre abstrait, mais comme une expérience vécue.

Nous reviendrons sur le refus par Thoreau de la guerre contre le Mexique, sa nuit en prison, sa critique de la société industrielle, et sa conviction profonde que la modernité est aussi porteuse du risque d’abîmer tout le vivant, humain et non humain. Walden n’est pas une fuite hors du politique : c’est un lieu d’entraînement à la liberté.

Cette marche sera résolument bilingue, ouverte à la fois à l’anglais — la langue de Thoreau — et au français, dans un va-et-vient constant entre les textes, les traductions, et les sensibilités. Car Thoreau est aussi, pour de nombreux penseurs européens, l’image d’une Amérique telle qu’ils aimeraient qu’elle soit : plus sobre, plus libre, plus fidèle à ses promesses. Il est peut-être, en ce sens, une forme de fantasme européen sur l’Amérique — et sa réception nous parle autant de nous-mêmes que des États-Unis.

Marcher avec Thoreau à Walden, c’est donc aussi interroger notre propre rapport au rêve américain, notre position d’immigrés, de résidents, de passagers ou de dreamers en terre américaine.

Ce n’est pas une conférence sur Thoreau.
C’est une invitation à mettre sa pensée en mouvement : marcher, s’arrêter, observer, questionner.
À une époque où des puissances immenses semblent écraser les individus, Thoreau nous rappelle que la souveraineté peut commencer n’importe où — parfois avec un simple corps marchant librement au bord d’un étang.

Lieu

Walen Pond State Reservation

Adresse

915 Walden St., Concord, MA 01742